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LES AMIS DU PASSE DE MITRY-MORY - SOEUR MELANIE (Soeur de Saint-Vincent de Paul en 1914 2er partie)

SOEURS MELANIE et FONTAINE et l'ambulance Croix-Rouge de l'Hôpital N° 20 Bis à l'Orphelinat en 1915. 

Ma deuxième partie s'intitulera: SOEUR MALANIE  ET LES DEUX GUERRES 1870 et 1914.

Soeur Mélanie a vécu, à Mitry, l'occupation par les Prussiens en 1870. Voici ce qu'elle a racontée sur cette période de guerre dans ses mémoires. " Les prussiens arrivèrent à Mitry le 15 septembre 1870. Ils firent sauter toutes les serrures et pillèrent les maisons. Ils s'installèrent sur la place pour faire leur cuisine. Ils envahirent l'église avec leurs chevaux. Soeur Mélanie affirme avoir vu l'autel de la Vierge tout couvert de riz. Ils s'en servaient pour la distribution des vivres. Les ornements étaient étendus à terre et les soldats couchaient dessus. Ils avaient entré dans l'église de grandes quantités de paille pour le coucher des hommes ".

 

 

Sur le conseil de Monsieur Vigne, curé de Mitry, " les sœurs étaient aller chercher refuge à Paris. Toute la population avait fui. Mitry était désert. Deux hommes étaient restés à la sucrerie, Mr Milon et Mr Baudot. Un jour, les Sœurs revinrent à Mitry pour y prendre les choses dont elles avaient le plus besoin. Deux voitures étaient remplies. Mais au moment du départ, les prussiens saisirent tout et il fut impossible de quitter Mitry. La supérieure et une autre sœur furent emmenées à Villeneuve où était le général. Soeur Mélanie et soeur Joséphine durent garder la maison et le peu qui restait.

Le général dit aux sœurs: " Nous allons brûler Paris, ce n'est pas la peine d'y aller. Restez ici à soigner nos malades et nous vous rendrons tout ". C'est ce qui eut lieu et par la suite les sœurs furent respectées. Elles endurèrent cependant bien des privations, car elles n'avaient d'autre nourriture que ce que les vainqueurs voulaient bien leur donner. Le Père Isidore, bénédictin de la Pierre-qui-Vire, leur fit parvenir quelque ravitaillement. Afin d'éviter à la femme du notaire, Madame Mantel de s'exposer aux agressions en allant rejoindre son mari, soeur Mélanie s'offrit à aller elle même prévenir Mr Mantel. Les infirmiers prussiens qui occupaient l'étude, le virent sortir et se préparaient à le maltraiter. Soeur Mélanie voulut le défendre, elle reçut des coups de plats de sabre sur l'épaule mais d'autres soldats s'interposèrent. Celui qui avait frappé la sœur lui garda toujours rancune.  

Puis vint 1905 et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'école de Filles fut laïcisée et sœur Mélanie réintégra l'Orphelinat. Après avoir exercé pendant quarante neuf ans dans les classes, elle demanda la faveur d'accéder aux fonctions de cuisinière. Elle restera aux fourneaux pendant quatorze ans. 

En 1914, Soeur Mélanie et Soeur Fontaine avec l'infirmière de la Croix-Rouge Madeleine Anna Hasselvander soignèrent les bléssés venant du front dans l'Hôpital bénévol Volontaire N° 20 bis ouvert dans l'Orphelinat des Sœurs de Saint-Vincent de Paul d'une capacité de 40 lits. Soeur Mélanie mourut le 12 janvier 1927, achevant sa 89e année, dont 71 ans à Mitry au service des enfants et des malades de Mitry. Elle fut enterrée au cimetière du bourg, avec d'autres de ses sœurs, mais un jour l'église jugea de ne plus entretenir les tombes et elles ont disparues, reste des photos de L'APM pour garder leurs souvenirs, car la mémoire collective reste très importante.

Jacques DEVIGNAT

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